Author Topic: 9,50 à la mini max  (Read 1718 times)

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Offline R-V

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9,50 à la mini max
« on: July 13, 2010, 20:36:57 PM »
Minimax 2010, à bord de JASON, Akilaria 950.

03 juillet 2010, 12h00, 27 concurrents mis à disposition du comité sur la zone de départ, à proximité de la cardinale Nord de la baie d’Aigues Mortes. Grand ciel bleu, vent faible de secteur sud, trop faible, le comité est sous aperçu pendant une petite demi-heure,  puis, peu à peu, la brise s’établie, 5-6 nœuds, le départ est donné !
Petit bord au louvoyage jusqu’à une marque de dégagement, puis direction la cardinale de l’Espiguette, puis celle des baronnets à respecter. Jason passe cette dernière en deuxième position derrière l’A40, « Geranium Doctor ».
Nous abattons légèrement, suffisamment pour  pouvoir passer sous génack, le vent toujours de secteur Sud, 6-8 nœuds, nous permet de filer à 6-6,5 nœuds, nous passons en tête.
Le vent commence sa rotation par la droite, le A40 peut envoyer son spi, nous en faisons de même, notre avance sur lui se stabilise à environ 500m durant toute la traversée de la camargue. Il est 19h00, nous arrivons dans le golfe de Fos,  le vent continue à tourner dans l’ouest, nous obligeant à quitter la route directe, à partir légèrement au large du Planier. 
A la tombée de la nuit, nous sommes à une dizaine de miles au large de Cassis, nous enclenchons notre premier empannage, le vent a fraichi, toujours d’ouest, entre 12 et 14 nœuds, Jason avance bien, à 140-150° du vent, entre 8 et 9 nœuds.
Dans la nuit nous voyons les feux verts de nos deux poursuivants directs, le A40 et un proto 650, qui ont empanné quasiment au même moment.
23h00, le vent toujours d’ouest 15-18 nœuds, nous approchons des côtes au niveau des Embiez, nous envoyons tribord amure,  pour repartir au large de  Sicié. Nous « re-empannons » au niveau de la Garde, le vent s’est établi à 20 nœuds, la mer est peu agitée, le speedo est en permanence au dessus de 10 nœuds. Dans la nuit noire nous approchons de Giens, nouvel empannage pour viser la cardinale Nord du langoustier, puis à nouveau pour laisser grand Ribaud à notre babord ; nous filons à 10-12 nœuds, le long des mouillages endormis, puis encore un empannage pour viser l’entrée du port ; on repère difficilement la marque à respecter, on se prépare à l’empannage qui devra être rapide pour ne pas envoyer Jason sur la jetée du port… on s’aperçoit que la contre écoute de spi est sortie de la poulie, il faut très vite la récupérer à la gaffe et la repasser ; juste à temps, on empanne, le top du pointeur à la VHF, on vise maintenant la pointe des Mèdes. Nous pensions avoir creusé les écarts, mais 8 minutes après notre passage, on entend le passage du A40, et 7 minutes  plus tard, le passage de Boréal, un proto 650.
Après les Mèdes, nous décidons de ne pas renvoyer tout de suite pour éviter un éventuel dévent de Porquerolles, on attend d’être à peu près à mi distance avec Port Cros, mais un peu trop tard, le vent est maintenant au dessus de 20 nœuds, et un peu reparti à gauche ; nous avons un peu de mal à passer Bagaud… mais ça passe ! On peut légèrement abattre, le vent toujours entre 20 et 23 nœuds, la mer peu agitée, nous sommes toujours GV haute, grand spi, et là le bateau me donne une impression de puissance que  je n’avais jamais ressentie, barre dans l’axe, bateau à peine gité, on oscille entre 12 et 13 nœuds permanents, pointe à 15,7 !! Au petit matin, le proto 650 de Rémy Fermin nous dépasse, rien à faire, son rapport poids/puissance dans de telles conditions ne nous laisse aucune chance !
Il est 11h00 le Dimanche 04 lorsque le vent refuse de plus en plus et nous oblige à repasser sous génack, et rapidement, nous refaisons notre retard sur Boréal ; comme nous sous spi au petit matin, il n’y avait rien à faire pour lui... Le vent a baissé, entre 15 et 18 nœuds, entre 65° et 70° du vent apparent,  Jason file encore entre 10 et 11 nœuds, sillage parfaitement lisse, l’équipage a la banane !
Nous arrivons en approche des sanguinaires vers 15h00 ; là,  deux options: petite passe sous la tourelle ou pas ? Nous décidons de surveiller Boréal, de le marquer ; rapidement il envoie son spi,  « il va sur la passe !», on en fait de même... Nous apprendrons plus tard à l’escale, qu’il souhaitait juste passer à l’extérieur sous spi, c’est en nous voyant abattre qu’il en a fait de même !... nous conservons tant bien que mal notre avantage, et l’atterrissage sur Ajaccio sera fidèle à sa réputation. Plus on approche de la ligne d’arrivée, plus le vent baisse … l’ETA n’en fini pas de se reporter, mais sur une dernier petit souffle de 4/5 nœuds, Jason coupe la ligne d’arrivée devant le port Tino Rossi à 19h07, le proto 650 à 19h45, et le A40 arrivera à 21h04.
Plus de 10 nœuds de moyenne entre les Mèdes et les sanguinaires, des pointes à plus de 15 nœuds, un bateau bien posé, sur des rails, aucun départ au tas à déplorer !
Du coup, belle et longue escale sur Ajaccio, superbe paella du « Gone » sur le ponton la veille de la deuxième étape !!

Deuxième étape qui sera bien moins excitante que la première… conditions pétoleuses ; aux 10 nœuds de moyenne à l’aller, nous allons opposer un superbe 2,5 nœuds de moyenne sur la même distance (Sanguinaires Porquerolles)! Un tricotage incessant, de risées en risées nous permettra de finir au petit matin le vendredi 08 juillet, devant l’entrée du port de Porquerolles (étape raccourci faute de vent)… de beaux cétacés auront cependant animé la traversée.

Nous finissons 1er en temps réel sur les deux manches, 1er en temps compensés de tous les « non 6.50 », ( 2nd au général en compensé si on inclu les 6 minis, le proto 650 nous passant devant (80sec/miles à rendre…).)

Au final, une très belle course, un long bord de spi entre les Saintes Maries et l’approche des sanguinaires, plus de 100 miles au planning… magnifique expérience que de naviguer sur un tel bateau dans de telles conditions, en compagnie de JMV !!


E.V.